Lave-linge et microplastiques : un mauvais ménage ?

Les microplastiques, qu’est-ce que c’est ? Pourquoi mes lessives peuvent en produire ? Comment les éviter ? Dans cet article, nous essayons de répondre à ces questions !

Le microplastique, un fléau pour l’environnement… issu de nos lave-linge

De la banquise aux abysses, le microplastique est partout. Ces morceaux de plastique de petite taille – moins d’un millimètre – représenteraient un tiers des 9,5 millions de tonnes de déchets plastiques rejetés chaque année dans nos océans. Et de récentes études ont montré que, depuis les océans, ces microparticules peuvent migrer partout, comme l’Antarctique, les Pyrénées ou… l’eau de nos robinets.

Mais d’où proviennent ces microparticules de plastique ? Principalement du lavage de nos vêtements. En effet, lorsque nous lavons des tissus synthétiques, comme le nylon, le polyester, la rayonne ou le spandex, des microfibres se détachent sous l’effet du frottement et rejoignent nos eaux usées. Souvent trop fines pour être filtrées à 100% par les stations d’épuration, ces particules sont rejetées dans les cours d’eau et océans. Ce sont ainsi, à chaque lavage en machine, des centaines de milliers de ces microfibres qui partent grossir la masse de plastique déjà présente dans la nature. Elles se retrouvent ensuite tout au long de la chaîne alimentaire, des microorganismes à l’homme, avec des effets dévastateurs sur les écosystèmes.

Un premier pas : l’évolution de la réglementation en France

La réglementation évolue cependant pour tenter d’endiguer ce problème : la France est le premier pays au monde à vouloir légiférer contre le rejet de microplastiques par l’électroménager, dans le cadre de la loi économie circulaire. En février dernier, Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la Transition Écologique, a ainsi réuni des fabricants de lave-linge et des ONG  pour préparer l’installation obligatoire de filtres à microfibres plastiques dans les machines à laver neuves d’ici 2025.

Devra-t-on pour autant attendre 2025 et changer de lave-linge pour éviter de contribuer à cette catastrophe écologique ? Non ! Votre machine à laver a probablement encore de beaux jours devant elle… Voici quelques astuces pour faire la chasse aux microplastiques, et ce dès maintenant.

Quelles solutions au quotidien ?

Première étape : s’équiper

  • Installer un filtre extérieur : rien de plus simple ! Surtout si, grâce à PIVR, vous avez déjà eu l’occasion d’exercer vos talents pour le bricolage sur votre machine. Des filtres extérieurs peuvent désormais être installés facilement sur le tuyau de sortie du lave-linge.
  • Glisser une balle spéciale à l’intérieur de chaque machine, qui permettra de capter les microparticules et les bouloches.
  • Investir dans un filet de lavage anti-microplastiques, dans lequel glisser simplement son linge, comme celui de chez Les Petits Bidons, disponible ici.

Deuxième étape : adapter ses méthodes de lavage

  • Laver à froid : un lavage à 30° suffit pour la vaste majorité de notre linge. En effet, la combinaison de l’eau et de la chaleur fragilise la fibre, augmentant la quantité de microplastiques rejetés à chaque lavage tout en diminuant la durée de vie de nos vêtements préférés.
  • Privilégier la lessive liquide plutôt que poudre, avec un PH neutre et sans javel – une lessive faite maison par exemple.
  • Laver moins fréquemment : laver les tâches à la main par exemple.
  • Éviter au maximum le sèche-linge, ou réduire la vitesse de rotation permet de protéger à la fois nos vêtements et l’environnement. En plus, les fibres synthétiques, celles qui rejettent le plus de microparticules dans la nature, sèchent très vite à l’air libre !

Plus de conseils sur les cycles de lavage à retrouver ici.

Troisième étape : faire attention à ce qu’on lave

  • Attention aux mélanges ! En plus de trier par couleur, on peut prendre l’habitude de trier par dureté du tissu. Cela permet d’éviter au maximum les frottements, entre un jean et une polaire par exemple.
  • Acheter mieux : privilégier les alternatives en fibre naturelles. Attention cependant à leur impact environnemental et social : le coton, gourmand en eau et en pesticides, est parfois issu du travail forcé. On peut plutôt regarder du côté de la laine, du lin, du chanvre…
  • Acheter moins surtout : qui dit moins de vêtements, dit moins de microfibres rejetées !

Pour en savoir plus :

Anna de PIVR